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Premier vélo, premier maillot 26/12/2006 - Lu 3574 fois | ||
C'était en 1968.
Me voilà donc chez Henri Le Corre. Je me souviens de son tout petit atelier, rue Cadélac, transféré plus tard, rue de la Gare où est actuellement Pascal Macé. Dans son boui-boui où tout est pêle-mêle, Henri me présente un vélo ayant déjà fait ses preuves et assez éprouvé : la selle a la tronche en biais avec son bec tordu et décollé, la peinture s'écaille. Tout en acier évidemment, il pèse lourd. Il n'est pas très beau mon, peut-être, futur vélo ! Contre la somme de 250 francs, il est à moi. A prendre tel qu'il est, ou à laisser. Mais je sens qu'il m'appartient déjà. Pas exigeante, j'accepte sa laideur et ses défauts. Je l'aime déjà. Plus tard, je l'ai appelé "Le Treuil". Le club fournissant le maillot, Henri Le Corre propose le reste : le casque à boudins, obligatoire pour les filles, le cuissard noir, les chaussures et les socquettes obligatoirement blanches. Mais qui va payer ? Je ne travaille pas encore, je n'ai pas d'argent. Ma mère, veuve depuis 1960, est contre ce projet : "Tu vas t'tuer..." Et puis, nous ne sommes pas riches. Donc son fric, pas question d'en voir la couleur !... L'argent sortira du portefeuille de mon frère Maurice, passionné de vélo. Je tiens alors le bon bout. Je promets le remboursement. A la fin du mois de mars, Henri Caresmel me convoque à la remise de la licence et du maillot. Pas très chouette non plus le maillot aux couleurs du club : beaucoup de jaune, des bandes noires autour du col, des manches et de la poitrine. Il avait deux poches plaquées devant loin d'être pratiques. Le peu de choses que j'y mettais risquait de s'en aller. Je ne me souciais pas de ce défaut. Je l'aimais aussi mon maillot. C'était le premier. Tout était en harmonie. Assise sur mon vélo, pédalant comme je pouvais, il paraît que j'avais la touche d'un "crapaud sur une boîte d'allumettes". Au fil du temps, tout s'est amélioré très vite : le matériel, ma position, l'équipement et ma condition physique. L'hiver 68-69, un nouveau vélo remplaça "Le Treuil" aussitôt relégué d'un cran dans la hiérarchie pour servir désormais aux épreuves de cyclocross. Des années plus tard, il changea de domicile. Solange Rocaboy-Oriac le voulait. Elle me l'acheta pour s'entraîner dans la boue et participer aux cyclocross. Où est-il maintenant ? Il est tellement vieux...mon premier vélo ! |
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