Enfin une matinée normale pour donner envie à quelques cyclos du "CC du Ninian" de mettre le nez dehors, sur le guidon, le mercredi 20 janvier. Plus une trace de neige, pas de routes glissantes, pas de pluie comme annoncée -mais du soleil.
Malgré ce temps clément, je suis partie de la maison à 10 heures au lieu de 8 heures 30 -heure des braves pour être à l'heure au rendez-vous.
Qu\'importe !
Je me suis dit : "je vais rouler seule et retrouver les plus courageux vers midi."
10 heures 30, j'arrive à Plémet, bien décidée à prendre la direction de Coëtlogon. Un cyclo de chez nous, parti probablement en retard, se profile devant moi -je reconnais les couleurs de la veste. Je reconnais aussi le coup de pédale de Jean Brunet. J'ai l'avantage de l'avoir en point de mire. Il ne me voit pas... encore. Arrivée à son niveau, c'est le rituel "bonjour, ça va... tu viens de partir ?"
Il me parle de ses récentes vacances à la neige. Notre entretien s'arrêtera sur ce sujet, après un kilomètre de pédalage ensemble.
Un chien noir, tout poilu, surgit et se dirige vers Jean qui semble l'intéresser plus que moi.
Je garde mes distances, appareil photo en main. Voici quelques clichés :
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1 kilomètre parcouru avec l'animal qui m'a oubliée. C'est vrai, je ne l'intéresse pas.
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A la sortie de Saint-Jacques, lieu-dit entre Plémet et Coëtlogon, la bête sombre perd du terrain et s'obstine.
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J'observe de plus loin sans perdre de vue le duo. L'homme et la bête ne se quittent pas.
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Nous quittons la Ferrière et pédalons dans un fauteuil vers la Chèze. Le chien est distancé, mais il ne capitule pas. Quel tempérament !
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La Ferrière est derrière nous, la Chèze devant. L'animal perd du terrain. Je m'inquiète pour lui. Il paraît être au bout du rouleau. Des voitures circulent...
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1 kilomètre après la Ferrière je suis presque sur les talons de Jean, le quadrupède ralentit son allure et je le freine dans son élan qui décline. Jean s'en va seul. Le chien, fatigué, se repose quelques instants près de moi.
Que va-t-il décider ?
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Il a la tête du chien à bout de force. Mon intention est de le ramener à son point de départ.
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Il a vraiment l'allure du chien battu et vanné. Il est peu-être déçu.
Nous repartons tranquillement en sens inverse.
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Il n'est pas mort d'épuisement. Il récupère. De temps en temps je lui accorde quelques plages de repos.
Pauvre bête ! Elle me fait pitié.
Elle est peut-être mieux dans sa tête que moi dans la mienne. J'ai peur qu'elle claque à mes pieds.
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Un temps de pause aussi pour boire.
Nous approchons du lieu où le chien a surgi. Je croise Jacky, un cyclo allant à la rencontre du groupe qui ne devrait pas tarder à arriver, mais pas forcément de ce côté. Nous sommes à 2 kilomètres de Plémet, le chien à nos côtés. Puis il se laisse distancer et rentre probablement au bercail.
Vers midi je revois Jean qui me dit avoir déjà vu ce chien courir près d'un cycliste. Peut-être son maître.
D'après mes recherches, il pourrait s'agir du irish wolfhound ou lévrier d'Irlande, race très ancienne, l'antique chasseur de loups.
Le lévrier d'Irlande est courageux, doux, calme ; chien de garde efficace. Il a besoin de courir fréquemment.
Pas étonnant qu'il ait résisté et insisté à courir longtemps avec Jean et moi ensuite sur une distance totale de 15 kilomètres.
Bravo le chien.
Si son maître savait !...Il serait fier de son compagnon, ou furieux ?
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